Suite à quelques recherches dans mes archives et après démontage complet d’un régleur, je pense avoir compris le fonctionnement du système Perrot et la raison de l’inversion de longueur des garnitures.
Le régleur n’est pas un point fixe. Bien qu’il soit parfaitement immobile.

C’est la « cage » qui est immobile, boulonnée sur le fasque de frein. Mais la « navette » (entre les deux roues dentées sur la photo), dans laquelle sont placées les roues dentées, a la possibilité de coulisser de 3 ou 4 mm dans un sens ou dans l’autre.

Et c’est toute l’astuce du système Perrot.
Les mâchoires ne sont pas en butée sur un point fixe, mais agissent l’une sur l’autre.
Ce qui change tout.
On n’est plus en présence d’une mâchoire primaire (comprimée) et d’une mâchoire secondaire (tendue), mais d’une seule mâchoire primaire (en deux parties) qui bénéficie de l’amplification mécanique de la force appliquée au tambour par l’effet d’engagement.
C’est le principe des freins « autoserreurs ». Qui ne date pas d’hier, mais d’avant-hier !
Des années 1920, à l’époque où les freins étaient à câbles, et très exceptionnellement pourvus d’assistance.
Bien joli tout çà, mais que se passe t’il, lorsqu’on freine en roulant en marche arrière. Très simple, quasiment 50% d’efficacité en moins. Pas vraiment top…
C’est là que Perrot revient. La fameuse navette(2) qui peut coulisser dans un sens ou dans l’autre. Grâce à cette astuce, l’effet autoserreur est aussi efficace en marche avant qu’en marche arrière.
Et la surface plus grande de la garniture « secondaire » pourrait s’expliquer soit, par le souci d’égaliser l’usure des deux garnitures, soit d’obtenir une puissance de freinage accrue en marche avant . Les vitesses auxquelles on freine en marche avant étant statistiquement plus élevées que celles où on freine en marche arrière.
Sans négliger l’intervention ,( inverse !) du limiteur de pression. Mais là je ne sais pas dire.


